*
*

The Clash

Albums

Loading

US FESTIVAL

Le tout dernier concert du Clash avec les 3 membres fondateurs du groupe de 1976 – Strummer, Jones et Simonon -  a eu lieu le 28 mai 1983 pendant le “US Festival”, un énorme concert en plein air organisé au Glen Helen Regional Park à Los Angeles. Ce festival fut organisé par le gourou d’Apple Steve Wozniak, et The Clash joua en groupe vedette pendant la soirée « New Music », devant une foule de 150 000 spectateurs. Ils partagèrent la scène avec A Flock Of Seagulls, The Stray Cats et Men At Work. Juste avant le concert, le groupe organisa dans l’urgence une conférence de presse pour annoncer qu’il renonçait de jouer à moins que les organisateurs n’acceptent de faire un don de 100 000 dollars à un centre d’été pour enfants déshérités. Les organisateurs se plièrent à cette requête, craignant que le festival ne bascule dans le chaos. Au final, le Clash fit son apparition sur scène avec deux heures de retard avant de terminer la soirée en se battant avec un DJ dont les annonces sur scène après leur dernière chanson sonnaient comme une tentative de soutirer un autre rappel. 3 mois plus tard, Mick Jones décida de quitter le groupe, annonçant ainsi sa fin prochaine.

HELL W10

Le Clash est connu pour son film Rude Boy, mais n’oublions pas qu’ils tiennent également les premiers rôles dans un autre long métrage : Hell W10, un film fait maison en noir et blanc réalisé par Joe Strummer début 1983. L’intrigue place Paul Simonon et Mick Jones face à face comme gangsters rivaux. Joe fait une apparition sous les traits d’un policier. Comme le suggère si bien le titre, le film fut tourné à et autour du code postal W10 à Londres, là où le groupe vivait, à Ladbroke Grove et Notthing Hill. Pendant des années, on a cru le film perdu pour de bon, mais en 2002 il fut retrouvé dans un bric-à-brac sur un stand de marché londonien, avant d’être pressé sur le DVD The Essential Clash.

SHEA STADIUM

A l’automne 1982, le Clash fut invité par Pete Townsend pour assurer la première partie de la tournée “d’adieu” de The Who à travers les stades d’Amérique du Nord. En mai, Topper avait été viré puis remplacé par un batteur inconnu au bataillon, Pete Howard, qui tourna avec le groupe l’été suivant. Les concerts de The Who à New York se sont déroulés au Shea Stadium, un lieu Rock culte qui avait accueilli les Beatles en 1965. Un employé de maison de disques se souvient que dans les coulisses le cirque du Clash continuait de faire la loi, le groupe faisant entrer en douce des douzaines de fans récupérés à bord de leur bus de tournée sur la route, en laissant des fans sans tickets déambuler aux alentours du stade. La performance du Clash fut phénoménale, comme en témoigne leur album live Live At Shea Stadium (2008).

EN CAVALE A PARIS

En avril 1982, juste avant de plonger dans une tournée anglaise pour assurer la promotion de Combat Rock, Joe Strummer manquait à l’appel. Alors que cette série de concerts en Angleterre étaient sur le point d’afficher complet, le manager Bernard Rhodes demanda à Joe de déserter afin de créer un coup de pub et de booster les ventes de tickets. Au lieu de ça, Strummer disparut dans la nature, en se réfugiant en secret à Paris où il s’est laissé pousser la barbe avant de participer  - incognito – au marathon de Paris. La tournée anglaise finalement annulée et les dates américaines sur le point d’être annoncées, il fut demandé à l’assistant du groupe, Kosmo Vinyl, de retrouver le chanteur et de le convaincre de regagner Londres. Il a fini par tomber sur lui dans un bar, et n’a pas manqué d’interpeller ce Strummer barbu d’un « Fidel !» très évocateur.

RADIO CLASH DEVIENT LE PREMIER DISQUE HIP HOP ANGLAIS DE L’HISTOIRE

Durant les dates du Clash au Bond’s International Casino, l’enthousiasme du groupe pour le Rap, le Hip Hop, l’art du Graffiti et la culture issue des rues de New York avait atteint son paroxysme. Leur première session d’enregistrement après cette résidence eut lieu à Londres vers la fin de l’été. C’est ainsi qu’ils donnèrent naissance à This Is Radio Clash, une chanson conçue comme une diffusion radio pirate avec un beat funky à la base, des synthés, des guitares Chic-esques à souhait, et par-dessus le flow de Strummer abordant des sujets politiques sensibles aux USA. Ce titre, commercialisé en single en novembre 1981, finit par s’illustrer comme le premier disque hip hop anglais de l’histoire, en suivant de près l’exploit de The Magnificent Sevent qui utilisait le rap de façon innovante l’année précédente.

THE CLASH rencontre THE BEATS

De retour à New York en novembre 1981 pour travailler sur leur album suivant, Combat Rock, le Clash se montre avec la crème du monde artistique musical et cinématographique comme Andy Warhol, Robert De Niro et John Belushi, tous de grands fans du groupe. A la demande de Strummer, le poète légendaire Allen Ginsberg vint au studio avec son ami Peter Orloffsky. En résulte une collaboration avec le Clash sur le titre Ghetto Defendant, une chanson avec des passages parlés qui évoque les ravages de l’héroïne au sein des ghettos, allant jusqu’à dégrader leurs fonctionnements. Ginsberg avait effectué des recherches sur la scène Punk américaine et avait placé des références au « slam dance » et au « worm ».

 

ON COMMENCE PAR MANHATTAN

Avec le succès grandissant de Sandinista! Aux USA, il fut décidé que le groupe, au lieu de repartir pour une longue tournée américaine, allait donner une série de concerts en Juin et Juillet 1981 à New York au Bond’s International Casino situé à Times Square. Des résidences similaires les attendaient plus tard dans l’année à Londres et à Paris. Dans la plus pure tradition Clash, leur arrivée à New York déclencha le chaos. Après le premier concert, le Bond fut fermé à la demande de la sécurité suite à un début de feu accidentel, surement la conséquence de frictions entre quelques bandes. Cela encouragea les fans du Clash à se bagarrer à Times Square le lendemain, créant ainsi le plus grand mouvement de foule depuis la course effrénée des fans de Sinatra dans les années 40. Après de longues négociations, le nombre de spectateurs dans la salle fut réduit, ce qui poussa le groupe à porter leur résidence à deux semaines, avec comme choix judicieux Sugarhill Gang et  Grandmaster Flash pour assurer la première partie et montrer leurs talents à un public habitué au Rock blanc.

AGENTS TRIPLES

L’énergie créatrice du Clash était si intense que, 9 mois tout juste après la sortie du double album London Calling, le groupe avait déjà amassé pas mal de nouvelles chansons pour sortir un triple vinyle. Les titres furent enregistrés en Jamaïque, New York et Londres, navigant à travers des styles aussi variés que le rap, le rockabilly, le dub, le jazz et le son Tamla Motown. Lorsque leur major de maison de disques appris que le groupe comptait sortir 6 faces de vinyle elle poussa des hurlements de terreur. Mais le Clash tint bon, et une entente fut négociée : le disque pouvait sortir sous le format souhaité par le groupe et il ne toucherait aucune royalty sur les 20 000 premiers exemplaires sur le territoire anglais. Le titre Sandinista! fut inspiré par le parti politique rebelle de gauche au Nicaragua, fut révélé en 1980 et a depuis été reconnu comme l’une des déclarations artistiques les plus marquantes du groupe.

STARS DU GRAND ECRAN

En, 1980, le Clash joue dans son propre film, Rude Boy, qui retrace la vie d’un « roadie » fictif, joué par un fan qui s’appelle Ray Gange. Le film avait très peu de choses en commun avec les tentatives cinématographiques un peu barrées des groupes des années 60 comme les Beatles ou les Monkees. Rude Boy s’attarde plus à montrer la violence et le chaos autour des concerts du Clash pendant les années Punk, avec des images dévoilant toute leur virilité pendant leurs performances, lors de leurs sorties pendant les tournées, ou de leur arrivée devant le juge pour répondre à des accusations portées contre Headon et Simonon, soupçonnés d’avoir tiré sur des pigeons avec une carabine. Le réalisateur du film, David Mingay, a aussi développé une seconde intrigue un peu graveleuse autour d’un jeune Noir à Londres qui tombe sous le coup du racisme de la police.

S’EVADER DE DODGE CITY

Le Clash s’envola pour Kingston en 1980 pour enregistrer aux studios Channel One avec l’artiste Reggae Milkey Dread- qui par la suite les accompagnera en tournée – derrière la console. A l’époque les tensions étaient vives en Jamaïque et les meurtres causés par la politique en place explosaient. Le studio se situait dans un ghetto, et le groupe ainsi que son producteur ont eu à traiter avec les bandes du coin qui leur demandaient de l’argent – ils n’étaient pas habitués à voir un groupe blanc jouer dans leur secteur. Au bout de plusieurs jours, Dread a estimé qu’il était devenu trop dangereux de rester; et le Clash – toujours « en grève » avec sa maison de disques, et vivant sur la carte de crédit de la petite amie de Paul Simonon, plièrent bagages, en ramenant au passage quelques grands enregistrements de Junco Partner avec eux.

LES PIONNNIERS DU RAP OFFENSIF

En avril 1980, le Clash entre en studio à New York sans aucune nouvelle chanson à enregistrer. Mais inspiré par la nouvelle scène Rap, avec Sugarhill Gang et Grandmaster Flash en haut de la liste, le groupe finit par accoucher du funky Magnificent Seven – le premier disque Rap enregistré par un groupe anglais. Lors de sa sortie un an plus tard, le remix créé par Mick Jones – The Magnificent Dance – rencontra un vif succès sur la station de radio noire WBLS à New York, et ne manqua pas d’influencer le monde de la Dance.

LE CLASH FAIT GREVE…

En 1980, alors qu’il effectue une tournée an Angleterre avec l’artiste reggae Milkey Dread, le Clash enregistre Bankrobber, un titre à forte influence jamaïcaine que les membres du groupe voulaient sortir de suite en single. Cependant, leur maison de disques a estimé que cette chanson sonnait comme du « David Bowie à l’ancienne », et souhaitait sortir un autre extrait de London Calling à la place. Le groupe a décidé de suivre l’exemple des ouvriers et mineurs britanniques en faisant grève en signe de protestation. Ce qui voulait dire que plus rien du groupe ne sortit jusqu’au mois d’août 1980 – lorsque des exemplaires hollandais de Bankrobber fraichement importés s’arrachaient tellement vite que CBS a fini par céder et commercialisa le disque. Il se hissa à la 12ème place et devint alors leur second plus gros tube.

LA PLUS GRANDE PHOTO ROCK DE TOUS LES TEMPS

La pochette de l’album London Calling, sorti en 1979, reprend une photo de Paul Simonon en train de briser sa guitare basse sur scène au New York Palladium. Ce cliché fut immortalisé par Pennie Smith, dont les portraits du groupe furent repris sur les pochettes de Sandinista ! (1980) et de Combat Rock (1982). Q Magazine et d’autres médias la classèrent comme la plus grande photo Rock jamais prise. Le graphisme utilisé pour inscrire le titre de l’album en rose et vert reste un hommage direct au premier album d’Elvis Presley.

LE CLASH DÉBARQUE EN AMERIQUE

Le groupe joue aux USA pour la première fois en février 1979, avec le soutien de Bo Diddley, l’un des plus grands pionniers du Rhythm & Blues américain, et un héros du Clash. A l’époque, leur premier disque avait soit disant été vendu à près de 100 000 exemplaires grâce au circuit de l’import. Les six concerts furent annoncés au public sous le titre « Pearl Harbour Tour », et le groupe ne lança aucune offensive en décidant d’ouvrir ses concerts avec la chanson « I’m so Bored With he USA ». Le public américain tomba alors amoureux du Clash – et inversement. 

LES CLASH DIFFUSENT LEUR MESSAGE ANTI-RACISTE

A la fin des années 70, le « East End » de Londres était le triste berceau d’organisations d’extrême droite s’attaquant aux immigrés dans une zone historiquement reconnue pour être l’une des plus pauvres de la capitale. En mars 1978, le Clash descend dans la rue porter son message au cœur de ce quartier en participant à un festival organisé par la ligue Anti-Nazi au Victoria Park à Hackney. Ils partagent l’affiche avec Tom Robinson, X-Ray Spex et le groupe Reggae Steel Pulse. Près de 70 000 personnes assistent à ce rassemblement gratuit, et la performance explosive du Clash est captée puis intégrée dans leur film Rude Boy.

BIENVENUE EN JAMAIQUE

Alors que, plusieurs années plus tard, enregistrer en Jamaïque allait être branché à souhait, en novembre 1977 Joe Strummer et Mick Jones prirent leur billet pour cette île afin d’y trouver l’inspiration pour les chansons de leur second album. Le berceau du Ska et du Reggae était un endroit très dangereux, rongé par la violence exercée par la police. Joe et Mick passèrent la plupart de leur temps dans leur chambre d’hôtel. La chanson Safe European Home présente sur l’album « Give ‘Em Enough Rope » (1978) raconte l’histoire de ce voyage.

LE CLASH AMENE LE PUNK DANS LES RUES DU PAYS

Parallèlement à la sortie de leur premier album éponyme, le groupe prit la route pour le White Riot Tour, distillant avec générosité aux villes qui les accueillirent un aperçu de la fougue Punk Rock et le chaos « made in » The Clash. Joe Strummer et Troper Headon furent accusés d’avoir volés des objets dans un hôtel à Newcastle, pendant que le Rainbow Theatre, dans le Nord de Londres, survécu à un public survolté en pleine bagarre, saccageant ainsi près de 200 fauteuils sans compter les débris de toutes sortes lancés sur scène. 

L’INFLUENCE REGGAE

Alors que le Clash était en train d’enregistrer son premier album en février 1977, on leur demanda d’enregistrer une chanson supplémentaire pour allonger la durée finale du disque. En tant que grands fans de Reggae, ils optèrent pour une reprise de Police & Thieves, une chanson alors populaire interprétée par le jamaïcain Junior Murvin. Le Clash donna au titre son propre parfum Rock, un nouvel arrangement qui scella l’union pérenne entre le Punk et la musique Black militante, et permit au groupe de s’ouvrir à une influence Reggae assez importante.

PUNKS VS. TEDDY BOYS

Le Londres de la fin des années 70 grouillait de conflits entre jeunes – punks, skinheads, Mods, Teddy Boys et autres rockers – dont les rivalités tribales débouchaient sur des scènes de violence dans la rue ou aux concerts. Le Clash était impliqué dans la première lutte entre les punks et les Teds en octobre 1976 lorsque le groupe fit la première partie du chanteur Rockabilly Shakin’ Stevens (qui allait par la suite rencontrer le succès avec Green Door) à l’Université de London Union. Le Clash s’est battu contre les Teds et ont dû se barricader dans leur loge après le concert, au terme duquel Mick Jones eut le nez cassé.

JE VEUX MANIFESTER ET ME BATTRE !

Le 31 août 1976, Joe Strummer et Paul Simonon, qui vivaient alors dans des squats voisins, ont suivi les émeutes à Notting Hill, qui ont vu des centaines de jeunes noirs affronter la police au terme d’un été sous haute tension et alimenté par des actes ouvertement racistes. Les événements de cette journée incitèrent le groupe à composer la chanson White Riot, qui lui permit de définir son goût pour le radicalisme et la provocation. En mars 1977, ce titre devint leur premier single.